
L’Aston Martin Rapide S associe un V12 atmosphérique, une transmission aux roues arrière et quatre portes dans une carrosserie dont les proportions restent celles d’une grande GT. Présentée en 2013, elle succède à la première Rapide avec une puissance accrue et une face avant redessinée. Sa singularité repose sur cette combinaison : permettre de voyager à quatre tout en conservant la mécanique et la silhouette des Aston Martin de l’ère Gaydon.
Pour comprendre son intérêt en occasion, il faut toutefois regarder au-delà de son imposante calandre. Les premières Rapide S et les exemplaires du millésime 2015 ne possèdent pas la même transmission. Cette évolution modifie sensiblement les performances et constitue un repère essentiel lorsque vous comparez plusieurs annonces. La configuration, l’historique et les travaux à prévoir déterminent ensuite la pertinence de chaque voiture.
La Rapide S répond aussi à une attente particulière. Ses deux sièges arrière individuels permettent de partager les voyages, mais son pavillon bas et son habitacle enveloppant imposent de vérifier qu’elle correspond à vos usages. Sa polyvalence se juge autant en prenant place à bord qu’en consultant sa fiche technique.
De la genèse du modèle aux points de contrôle avant l’achat, ce guide vous aide à distinguer ses évolutions, à interpréter les prix affichés et à apprécier la qualité des exemplaires. L’objectif : choisir une Rapide S pour ce qu’elle offre réellement, avec une vision précise de ses qualités et de ses exigences.

Sous l’appellation commerciale « 6,0 litres », la Rapide S abrite un V12 de 5 935 cm³. Sur les premières versions, il développe 558 ch à 6 750 tr/min et 620 Nm à 5 500 tr/min. La boîte automatique Touchtronic II à six rapports transmet cette puissance aux roues arrière. Aston Martin annonce alors un 0 à 100 km/h en 4,9 secondes et une vitesse maximale de 306 km/h.
À partir du millésime 2015, la puissance atteint 560 ch et le couple 630 Nm. La Touchtronic III à huit rapports ramène le 0 à 100 km/h à 4,4 secondes, tandis que la vitesse de pointe annoncée passe à 327 km/h. Ces valeurs sont exprimées en chevaux métriques : les chiffres britanniques de 550 puis 552 bhp désignent les mêmes niveaux de puissance, dans une autre unité.
L’équilibre mécanique mérite autant d’attention que les performances. Le moteur est placé derrière l’axe des roues avant et la boîte à l’arrière, selon une architecture transaxle. Cette disposition concentre les masses principales entre les essieux. Les suspensions à doubles triangles et l’amortissement piloté complètent cet ensemble.
Malgré sa cylindrée généreuse, le V12 conserve un caractère qui invite à monter dans les tours. Son couple maximal arrive à un régime élevé : pour exploiter toutes ses ressources, vous accompagnez la montée en régime et choisissez le rapport adapté. Cette relation entre moteur et transmission explique pourquoi les deux générations de boîte méritent un essai distinct.

Le projet Rapide apparaît au Salon de Detroit en 2006, sous la forme d’un concept conçu à Gaydon. Aston Martin souhaite étendre son offre à quatre portes tout en préservant ses codes esthétiques : long capot, habitacle reculé et ligne de toit descendante. La voiture de série, commercialisée en 2010, conserve largement cette orientation.
Sa conception repose sur l’architecture modulaire VH, également employée par la DB9. Cette parenté explique la démarche du constructeur : adapter les fondations de ses GT à un empattement allongé, avec deux places arrière accessibles indépendamment. La Rapide introduit ainsi un usage supplémentaire dans une gamme dominée par les coupés et les cabriolets.
La version S arrive en 2013, année du centenaire d’Aston Martin. L’évolution touche plusieurs éléments : nouvelle calandre, moteur abaissé de près de 20 mm et amortissement adaptatif proposant les modes Normal, Sport et Track. Sa fabrication est assurée à Gaydon, alors que la majorité des premières Rapide avaient été assemblées par Magna Steyr, en Autriche.
La carrière de la Rapide S se poursuit jusqu’en 2018. Entre-temps, la DB11 V12 inaugure une nouvelle génération de GT à moteur biturbo. La quatre-portes conserve son V12 atmosphérique et sa plateforme VH, prolongeant une filiation mécanique désormais distincte de celle des nouveaux coupés. Cette coexistence contribue aujourd’hui à son intérêt pour les amateurs de cette période de la marque.

La gamme Rapide S s’organise principalement autour de ses millésimes et de ses configurations. Le changement présenté à l’été 2014, pour le millésime 2015, constitue la principale séparation technique. Une première immatriculation en 2014 ne suffit donc pas à identifier la transmission : consultez la fiche de fabrication et les caractéristiques exactes de l’exemplaire.
Cette mise à jour comprend également une nouvelle gestion moteur, des freins avant de plus grand diamètre et certains silentblocs arrière raffermis. Les différences restent discrètes sur les photographies, alors qu’elles touchent directement le fonctionnement de la voiture.
La personnalisation donne ensuite des identités très différentes aux exemplaires. Teintes, associations de cuirs, finitions décoratives et dessins de jantes doivent être examinés ensemble. Le Carbon Exterior Pack, disponible dès le lancement, concerne des éléments d’habillage extérieur ; il ne correspond pas à une augmentation de puissance. Une présentation sportive ne permet donc pas de déduire une spécification mécanique particulière.
Il faut enfin distinguer la S de la Rapide AMR, présentée dans sa définition de série en 2018. Annoncée en série limitée à 210 exemplaires, cette dernière reçoit notamment un moteur de 603 ch, des freins carbone-céramique, des roues de 21 pouces et des éléments aérodynamiques spécifiques. Une Rapide S dotée d’accessoires en carbone ne possède pas ces caractéristiques. Cette distinction évite de comparer des voitures dont les prix et les motivations d’achat répondent à des logiques différentes.

L’attrait de la Rapide S tient à une proposition devenue inhabituelle : partager une grande GT atmosphérique avec trois passagers, chacun disposant de sa porte. Elle appartient au même univers mécanique que la Virage Volante, mais transpose cette expérience dans une carrosserie adaptée à d’autres déplacements.
L’intérieur exprime clairement ce choix. La console se prolonge entre les deux sièges arrière et dessine quatre espaces individuels. Les assises sculptées et la climatisation dédiée aux passagers arrière privilégient une atmosphère enveloppante. Vous retrouvez ainsi une continuité de présentation entre l’avant et l’arrière, plutôt qu’une séparation entre poste de conduite sportif et banquette conventionnelle.
Le détail le plus inattendu reste sa modularité. Un grand hayon ouvre l’accès au coffre et les dossiers arrière se rabattent pour accueillir des objets encombrants. Lors d’un voyage à deux, cette possibilité change concrètement la manière de charger la voiture. La silhouette seule ne permet pas de deviner cette aptitude.
Son statut de voiture culte mérite néanmoins d’être nuancé : la Rapide S demeure une proposition de connaisseurs, sans la notoriété universelle d’une DB5. Sa singularité peut précisément vous attirer pour cette raison. Elle offre un dessin et une mécanique identifiables, avec une discrétion relative qui convient à ceux qui recherchent une Aston Martin pour voyager régulièrement.

La Rapide S apparaît en nombre limité dans les annonces françaises. Cela ne constitue toutefois ni une mesure exacte de sa production ni une garantie de valorisation. Pour apprécier son positionnement, il faut isoler les versions S des premières Rapide et des AMR, puis comparer des voitures proches en kilométrage et en état.
Les annonces consultées en octobre 2026 fournissent plusieurs repères :
Ces montants sont des prix demandés, sans indication sur les transactions finalement conclues. Ils illustrent l’amplitude du marché, sans constituer une cote universelle.
Un écart important entre deux voitures doit pouvoir s’expliquer : entretien récent, consommables remplacés, présentation, provenance ou conditions de vente. À l’inverse, un kilométrage faible ne renseigne pas sur les effets d’une immobilisation prolongée. Faites chiffrer les interventions nécessaires avant de comparer les budgets.
L’intérêt économique du modèle réside surtout dans l’accès à une GT V12 pour une fraction de son prix neuf. Les dépenses d’entretien restent celles d’une automobile de cette catégorie. Envisagez donc sa détention selon votre fréquence d’utilisation et votre capacité à maintenir son état, sans fonder l’achat sur une hausse de valeur hypothétique.

Un carnet tamponné constitue un premier repère, mais les factures permettent de comprendre ce qui a réellement été fait. Recherchez la continuité des kilométrages, le détail des opérations et les périodes sans intervention documentée. Faites également vérifier auprès du réseau les campagnes de rappel éventuellement applicables au numéro de châssis.
L’inspection doit comprendre un démarrage à froid, un essai suffisamment long et un examen sur pont. Plusieurs ensembles demandent une attention particulière :
À bord, actionnez les vitres, les serrures, les réglages de sièges et toutes les fonctions de climatisation. Vérifiez l’écran escamotable, l’audio et les équipements arrière effectivement installés. Une présentation soignée ne garantit pas leur fonctionnement ; chaque anomalie doit être identifiée et chiffrée.
Enfin, installez-vous à l’arrière avec les sièges avant réglés pour leurs occupants habituels. Si vous prévoyez des déplacements familiaux, essayez vos sièges enfants et vos bagages. L’accès, la garde au toit et l’espace disponible doivent convenir à vos passagers. Cette vérification peut peser davantage dans votre satisfaction future qu’une option décorative recherchée.

Mecanicus a déjà commercialisé une Rapide S de première main française, livrée neuve par Aston Martin Paris. Sa présentation précisait la configuration, le kilométrage et une chronologie des entretiens mentionnant les dates et les ateliers intervenus. Ces informations offrent une base concrète pour examiner le parcours d’une voiture.
L’accompagnement doit aussi aider à situer votre projet parmi les grandes GT. Une Ferrari 612 Scaglietti et une Rapide S permettent toutes deux de voyager avec un V12, mais leur carrosserie, leur transmission et leur aménagement répondent à des attentes différentes. Définir votre usage évite de choisir uniquement sur une puissance ou un prix.
Pour une Rapide S proposée par Mecanicus, l’échange peut alors se concentrer sur l’essentiel : documents disponibles, état constaté, préparation prévue et conditions de garantie propres à l’exemplaire. Demandez le détail des interventions incluses et des éventuels travaux restant à envisager. Vous pourrez ainsi apprécier la proposition dans son ensemble, avec des éléments vérifiables pour décider.
