
La Maserati GranTurismo Sessanta Edition associe le V8 atmosphérique de 4,7 litres de la GranTurismo Sport à une présentation commémorative particulièrement soignée. Ses 460 ch, ses quatre places et sa carrosserie signée Pininfarina la situent dans une catégorie précise : celle des grands coupés capables de faire du voyage une expérience mécanique, sans imposer les concessions d’une sportive conçue pour le circuit. La version automatique référencée en France conserve cette vocation, avec une transmission à six rapports.
Son nom demande toutefois quelques explications. L’appellation Sessanta Edition figure dans les références commerciales françaises et les annonces, notamment chez Mecanicus. La communication internationale de Maserati emploie « Special Edition » pour la série anniversaire présentée à Genève en 2017, consacrée aux soixante ans de la 3500 GT. Comprendre cette correspondance permet de rechercher un exemplaire sans se perdre entre des désignations différentes.
Pour un acheteur, les questions essentielles dépassent néanmoins le nom inscrit sur la fiche. Qu’apporte cette édition à une GranTurismo Sport ? Quels équipements faut-il retrouver ? Comment apprécier son prix et anticiper son entretien ? Une configuration séduisante ne dispense jamais d’examiner la voiture dans son ensemble.
Ce guide revient sur la mécanique, la genèse et les particularités de la Sessanta, puis sur les critères qui permettent d’en choisir une avec discernement. L’objectif est de distinguer l’intérêt du modèle de la qualité de l’exemplaire : deux sujets étroitement liés, mais qui ne se confondent pas lors d’un achat.

La base mécanique est celle de la GranTurismo Sport. Son V8 de 4 691 cm³ développe sa puissance maximale à 7 000 tr/min et son couple maximal à 4 750 tr/min. Ces régimes donnent une indication utile sur son tempérament : pour en découvrir toute l’allonge, vous devez accompagner le moteur dans les tours. La fiche technique décrit une mécanique dont l’intérêt dépasse les reprises à bas régime.
Les principaux repères sont les suivants :
La distinction entre MC Auto Shift et MC Shift mérite votre attention. La première désigne la gestion de la boîte automatique ; la seconde correspond à la transmission mécanique robotisée proposée sur d’autres GranTurismo. Les deux appellations ne sont pas interchangeables et les contrôles avant achat diffèrent selon la transmission.
Le Sport Skyhook adapte l’amortissement aux conditions de roulage, avec un réglage plus ferme en mode Sport. Il sert le compromis entre maintien de caisse et confort.
Avec environ 4,88 mètres de longueur et un poids à vide référencé à 1 880 kg pour la Sessanta automatique, cette Maserati reste une grande GT. Ses éléments en carbone ne doivent donc pas être interprétés comme la promesse d’un allègement radical.

La GranTurismo fait ses débuts au Salon de Genève en 2007. Maserati présente alors un coupé Pininfarina animé par un V8 de 4,2 litres, avec une boîte automatique et un habitacle prévu pour quatre occupants. L’espace intérieur appartient au cahier des charges dès l’origine, au même titre que les performances. Cette priorité explique ses dimensions et la place accordée au confort.
Cette conception s’inscrit dans une tradition italienne également illustrée par la Ferrari 412 : réunir moteur avant, carrosserie de coupé et possibilité de voyager à plusieurs. Chez Maserati, cette vocation prend une dimension industrielle avec la 3500 GT de 1957, première routière de la marque produite à grande échelle.
Dotée d’un six-cylindres en ligne et d’une carrosserie Touring, la 3500 GT accompagne le recentrage du constructeur sur les voitures de route. Elle ouvre un débouché commercial décisif à une entreprise jusqu’alors fortement associée à la compétition.
La série anniversaire présentée en 2017 célèbre ce tournant. La teinte Rosso Italiano proposée pour l’occasion rappelle également la 250F de Juan Manuel Fangio, champion du monde de Formule 1 en 1957. L’hommage rapproche ainsi deux événements contemporains : le succès sportif et l’essor du grand tourisme Maserati.
La Sessanta appartient donc à une phase déjà avancée de la carrière de la GranTurismo. Elle enrichit une architecture existante et souligne sa filiation historique, sans inaugurer une nouvelle génération ni une rupture technique.

Pour situer la Sessanta, prenez comme référence la GranTurismo Sport apparue en 2012. Cette dernière succède à la S et reçoit notamment un bouclier avant redessiné, des feux de jour à LED et de nouveaux sièges. La série spéciale ajoute une présentation distinctive à cette base, sans augmentation de puissance.
L’identification passe par un ensemble de détails cohérents : jantes MC Design de 20 pouces noires brillantes, centres de roue spécifiques, seuils en carbone, plaque commémorative et associations de sellerie et de surpiqûres propres à l’édition. La documentation internationale prévoit du cuir Poltrona Frau ou une combinaison cuir et Alcantara : tous les habitacles ne doivent donc pas être décrits comme identiques.
L’exemplaire documenté par Mecanicus comporte aussi un capot en carbone avec ouvertures, des rétroviseurs et un becquet arrière en carbone, ainsi que plusieurs éléments intérieurs assortis. Cette présentation accentue la dimension sportive du coupé, mais ne suffit pas à en faire une MC Stradale. Pour chaque voiture, la liste d’équipements doit être confrontée à la configuration de livraison.
Autre détail important : l’inscription « 1 of 400 » signifie qu’il s’agit d’un exemplaire parmi la série annoncée. Elle ne prouve pas que la voiture est la première produite.
Les références françaises donnent par ailleurs un début de commercialisation en 2016, tandis que le communiqué international de présentation date de mars 2017. Ces sources ne suffisent pas à établir une chronologie identique pour tous les marchés. La date de fabrication et les documents propres au véhicule doivent primer.

L’attrait de la Sessanta repose d’abord sur celui de la GranTurismo. Son dessin conserve une réelle cohérence : calandre basse, ailes avant marquées, pavillon arqué et épaules arrière généreuses. Les volumes expriment sa vocation de grand coupé. Les détails spécifiques de l’édition ajoutent du relief à cette silhouette sans en modifier les proportions fondamentales.
Le V8 contribue tout autant à son identité. La progression du régime et l’évolution de la sonorité donnent un intérêt à l’accélération elle-même. Vous ne recherchez pas seulement la vitesse atteinte, mais la manière dont le moteur y conduit. Ce caractère se comprend mieux à l’essai qu’à travers une comparaison de puissances.
Les places arrière changent également les occasions de l’utiliser. Comme la 612 Scaglietti, cette Maserati permet d’envisager une automobile de caractère pour des voyages partagés. L’accès reste celui d’un coupé, mais l’habitacle a bien été conçu pour recevoir quatre personnes. Ce point mérite un essai avec vos passagers habituels : la position de conduite et la taille des occupants influencent l’espace disponible derrière.
Il serait néanmoins excessif d’attribuer à la Sessanta une renommée indépendante de celle de la GranTurismo. Son intérêt tient à une combinaison identifiable : la mécanique de la Sport, une présentation commémorative et des finitions distinctives. Elle s’adresse à l’amateur qui apprécie déjà le modèle et souhaite une configuration particulière, sans rechercher une transformation complète de son comportement.

Maserati a annoncé 400 exemplaires pour l’ensemble GranTurismo et GranCabrio Sport Special Edition. Ce nombre concerne donc les deux carrosseries. Il ne faut pas le présenter comme un décompte de 400 coupés, ni en déduire une répartition nationale sans documentation complémentaire.
La diffusion limitée ne suffit pas à établir une cote autonome. En octobre 2026, deux exemplaires français de 2017, affichant environ 30 000 et 38 000 kilomètres, sont proposés autour de 80 000 €. Ce sont des prix demandés, pas des transactions confirmées. L’échantillon reste trop réduit pour construire une fourchette représentative de toutes les configurations.
Pour apprécier une proposition, comparez d’abord des GranTurismo Sport de transmission, de millésime et de kilométrage proches. Examinez ensuite ce que l’édition apporte et ce qui subsiste réellement sur la voiture : équipements complets, présentation conforme, documents de livraison et conservation des finitions.
Le kilométrage doit être lu avec l’historique. Une voiture ayant davantage roulé mais suivie régulièrement peut présenter un dossier plus convaincant qu’un exemplaire immobilisé avec des échéances d’entretien dépassées. Les factures récentes permettent aussi de distinguer une simple révision d’une remise à niveau plus complète.
L’intérêt de collection demeure une appréciation, pas une garantie de rendement. Une série courte peut attirer une clientèle précise sans se revendre rapidement. Choisissez donc une Sessanta dont la configuration vous plaît et dont les frais prévisibles correspondent à votre budget d’usage ; une éventuelle évolution favorable de sa valeur restera secondaire.

Commencez par reconstituer la chronologie des interventions : dates, kilométrages, nature des travaux et établissements intervenants. Demandez au spécialiste de confronter ces documents au programme d’entretien applicable au véhicule. Un carnet tamponné est utile ; les factures détaillées expliquent ce qui a effectivement été réalisé.
L’examen mécanique doit débuter moteur froid, puis se poursuivre après mise en température. Faites rechercher les fuites, vérifier le refroidissement et examiner tout bruit inhabituel. L’absence de voyant ne dispense pas d’un diagnostic électronique, qui complète l’inspection sans la remplacer.
Sur la version automatique, essayez l’engagement de la marche arrière, les changements de rapport à faible charge et les rétrogradages. Toute hésitation marquée ou tout à-coup inhabituel mérite une investigation. Vérifiez également les interventions documentées sur la transmission plutôt que de supposer qu’elle n’exige aucun suivi.
Une inspection sur pont et un essai varié doivent couvrir :
Sur la Sessanta, examinez attentivement les bords, fixations et vernis des pièces en carbone. Une intervention sur le capot ou le becquet doit être documentée : sa qualité et la conformité de la pièce comptent pour préserver la présentation de l’édition.
À bord, testez climatisation, sièges, vitres, rétroviseurs et multimédia. Contrôlez les boutons, les coutures et les bourrelets de sellerie. Demandez enfin un chiffrage écrit des travaux nécessaires, pour négocier sur des éléments vérifiables.

Mecanicus a déjà présenté une GranTurismo Sessanta Edition de 2017 en Rosso Italiano, avec un habitacle en cuir et Alcantara noir. Sa fiche détaille les équipements spécifiques et plusieurs interventions d’entretien. Cet exemplaire, indiqué comme vendu, fournit une référence concrète pour discuter de cette configuration avec le spécialiste.
L’apport attendu se situe dans la lecture de la voiture proposée : provenance, spécification, état constaté et dépenses à anticiper. Cette exigence concerne également des séries confidentielles comme la Targa 4S Exclusive Edition, dont l’intérêt dépend en partie de la conformité à la définition d’origine.
Pour orienter votre recherche, précisez votre usage et vos priorités : longs trajets, sorties occasionnelles, voyages à quatre ou préférence pour une combinaison de couleurs. Ces critères donnent au spécialiste une base concrète pour apprécier l’adéquation d’un exemplaire.
Avant de vous engager, demandez à consulter le dossier disponible et à comprendre les interventions réalisées ou prévues. Sur une Sessanta, le bon accompagnement consiste à rendre ces éléments lisibles, afin que vous sachiez précisément quelle voiture vous achetez et dans quelles conditions vous pourrez l’utiliser.
