
Avec la F355 GTS, Ferrari propose l’une des interprétations les plus équilibrées de sa berlinette V8 des années 1990. La base est celle de la F355 Berlinetta : moteur central arrière, V8 atmosphérique de 3,5 litres, ligne Pininfarina tendue, proportions basses et conduite encore très mécanique. Mais le toit rigide amovible change la relation à la voiture. Il ne transforme pas la GTS en Spider, et c’est précisément ce qui fait son intérêt : elle conserve l’allure compacte du coupé, tout en permettant de profiter plus directement de la sonorité du V8 et de l’ambiance très particulière d’une Ferrari ouverte, sans capote ni mécanisme lourd.
Cette configuration targa donne à la F355 GTS une place à part dans la gamme. Face à la Berlinetta, elle offre une expérience plus vivante et plus sensorielle. Face à la Spider, elle conserve une silhouette plus contenue, plus proche du dessin originel. Le choix entre boîte manuelle et boîte F1 ajoute une autre lecture : la première concentre aujourd’hui l’attention des puristes, tandis que la seconde rappelle le moment où Ferrari commence à transférer sur ses voitures de route une partie de son imaginaire Formule 1.
Comprendre une Ferrari F355 GTS impose donc d’aller au-delà de la couleur, du kilométrage ou de la présence d’une grille Challenge. La valeur d’un exemplaire se lit dans son historique, la fraîcheur de sa distribution, l’état des collecteurs, le fonctionnement de sa transmission, la qualité du toit amovible, les trains roulants, l’intérieur et la cohérence générale de la configuration. C’est sur ces détails, souvent moins visibles qu’une teinte Rosso Corsa, que se distingue une belle F355 GTS d’une voiture simplement séduisante en annonce.
La Ferrari F355 GTS repose sur un V8 atmosphérique à 90° de 3 495 cm³, installé en position centrale arrière longitudinale. Ce moteur développe 380 ch à 8 250 tr/min, avec une puissance spécifique remarquable de 109 ch par litre. À l’époque, ce niveau de rendement place la F355 parmi les références de son segment, mais l’intérêt de cette mécanique dépasse la seule donnée chiffrée.
Le moteur de la F355 se distingue notamment par sa culasse à cinq soupapes par cylindre, une solution technique ambitieuse qui participe à sa capacité à respirer haut dans les tours. La voiture succède à la 348, dont elle reprend certains principes d’architecture, mais avec une exécution profondément revue. La F355 apparaît plus fine, plus rapide, plus équilibrée, moins exigeante dans ses réactions, tout en conservant une vraie intensité mécanique.
La GTS partage sa base avec la Berlinetta. La différence tient au toit rigide amovible, qui peut être retiré pour transformer l’ambiance de conduite sans basculer dans l’univers totalement ouvert de la Spider. Cette configuration targa donne à la F355 GTS un caractère à part. Toit en place, elle conserve une ligne proche du coupé. Toit retiré, elle libère davantage la sonorité du V8, l’admission, les bruits mécaniques et le lien direct avec l’environnement.
La transmission constitue un autre point important. La F355 GTS est d’abord proposée avec une boîte manuelle à six rapports, dont la grille métallique est devenue l’un des symboles les plus recherchés des Ferrari de cette période. À partir de 1997, la F355 inaugure également sur une Ferrari de route la boîte F1 à palettes, dérivée de l’expérience acquise en Formule 1. Cette transmission robotisée donne une autre lecture du modèle : plus moderne pour son époque, moins recherchée aujourd’hui par certains puristes, mais historiquement importante.
Les performances restent pleinement cohérentes avec le statut de la voiture : environ 295 km/h en vitesse maximale et un 0 à 100 km/h autour de 4,7 secondes. Mais la F355 GTS vaut surtout par sa finesse d’ensemble. Elle combine un moteur atmosphérique expressif, un dessin Pininfarina très maîtrisé, une carrosserie targa rare et une conduite encore analogique dans ses sensations.

La Ferrari F355 naît d’un enjeu important pour Maranello. Au début des années 1990, la 348 a permis à Ferrari de moderniser sa berlinette V8, mais elle a aussi laissé une impression contrastée. Son style très marqué, sa conduite exigeante et certaines critiques sur son comportement ont créé une attente forte autour de sa succession. La F355 devait donc faire plus qu’améliorer la 348. Elle devait réinstaller la Ferrari V8 centrale arrière comme une référence de précision, de sonorité et de désirabilité.
Présentée en 1994, la F355 reprend l’architecture générale de la 348, mais la transforme en profondeur. Le dessin Pininfarina devient plus fluide, plus bas, plus équilibré. Les flancs abandonnent les stries héritées de l’univers Testarossa, au profit d’une ligne plus pure. L’aérodynamique est également plus travaillée, avec un fond plat et une gestion plus fine des flux sous la voiture. Ferrari ne cherche pas seulement à rendre l’auto plus belle ; la marque veut aussi la rendre plus stable, plus efficace et plus prévisible à haute vitesse.
Le nom F355 renvoie à la cylindrée de 3,5 litres et aux cinq soupapes par cylindre. Cette mécanique devient rapidement l’un des grands arguments du modèle. Elle ne se contente pas d’être performante. Elle offre une montée en régime très fine, une sonorité aiguë et une réponse qui correspondent pleinement à l’idée que beaucoup de passionnés se font d’une Ferrari atmosphérique.
La GTS s’inscrit dans cette genèse comme une proposition intermédiaire. Ferrari avait déjà exploré la formule targa avec les 308 GTS, 328 GTS et 348 TS. La F355 GTS reprend cette logique, mais avec un degré de maturité supérieur. Elle permet de conserver l’allure et une bonne partie de la rigidité perçue d’un coupé, tout en offrant une expérience plus ouverte lorsque le panneau de toit est retiré. Cette solution parle à une clientèle qui veut profiter davantage du moteur et de l’environnement, sans choisir la Spider.
La F355 GTS arrive aussi à un moment charnière pour Ferrari. Elle appartient encore au monde des voitures relativement analogiques, avec une direction très communicative, une boîte manuelle à grille sur les premiers exemplaires et une mécanique atmosphérique haut perchée. Mais elle annonce déjà une transition, notamment avec l’arrivée de la boîte F1 en 1997. Cette double lecture explique beaucoup de son attrait actuel.
La Ferrari F355 GTS doit être située avec précision dans la famille F355. Elle n’est pas une version plus puissante ou plus radicale que la Berlinetta. Elle reprend la même mécanique, le même châssis de base et les mêmes performances générales, mais elle ajoute une configuration de carrosserie très particulière : un toit rigide amovible, de type targa, qui peut être retiré et rangé derrière les sièges.
La première distinction utile concerne les trois carrosseries. La F355 Berlinetta représente le coupé fermé, avec la ligne la plus pure et la rigidité la plus évidente. La F355 Spider propose une expérience entièrement découvrable, avec une capote électrique et une lecture plus orientée plaisir ouvert. La F355 GTS se place entre les deux. Elle conserve une silhouette proche de la Berlinetta lorsque le toit est en place, tout en permettant de libérer davantage la sonorité et l’environnement lorsque le panneau est retiré.
Cette position intermédiaire explique une grande partie de son intérêt actuel. La GTS n’a pas la diffusion symbolique de la Berlinetta, ni la dimension très ouverte de la Spider. Elle propose un compromis devenu recherché : conserver l’esprit du coupé, mais ajouter une dimension sensorielle plus rare. La transmission joue également un rôle déterminant. Les versions manuelles restent les plus désirées par une grande partie du marché, car elles associent le V8 atmosphérique haut perché à la grille Ferrari, au talon-pointe et à une relation très directe avec la voiture.
Les versions F1 méritent une lecture plus nuancée. Elles inaugurent une technologie majeure sur une Ferrari de route, même si elles sont souvent moins valorisées que les manuelles. Une F355 GTS F1 bien entretenue, correctement réglée et documentée peut présenter un intérêt réel, surtout si sa configuration, son état et son historique sont solides.
Les spécificités à vérifier sur une F355 GTS sont nombreuses :
La F355 GTS n’a pas connu de succession complexe de séries techniques. Les différences entre exemplaires tiennent surtout au millésime, à la transmission, au marché d’origine, à l’entretien et à l’état réel. Une voiture faiblement kilométrée peut séduire, mais elle ne vaut que si son entretien suit. À l’inverse, une GTS régulièrement utilisée, correctement entretenue et documentée peut offrir une lecture plus rassurante qu’un exemplaire immobilisé trop longtemps.

La Ferrari F355 GTS est devenue recherchée parce qu’elle réunit plusieurs qualités rarement aussi bien équilibrées dans une Ferrari des années 1990. Elle conserve la finesse d’une berlinette à moteur central arrière, la sonorité très travaillée du V8 atmosphérique, la possibilité d’une boîte manuelle à grille et l’agrément particulier d’une carrosserie targa. Elle n’est pas la plus radicale des Ferrari V8, ni la plus rare au sens absolu, mais elle concentre une forme de justesse qui parle fortement aux connaisseurs.
Son premier facteur de désirabilité reste son moteur. Le V8 3,5 litres à cinq soupapes par cylindre monte haut dans les tours, avec une progressivité et une signature sonore qui ont profondément marqué la réputation de la F355. La voiture appartient à une époque où la performance se construisait encore par le régime, la réponse mécanique et la précision du geste, avant l’arrivée des turbos modernes, des boîtes double embrayage et des assistances plus filtrantes.
La carrosserie GTS ajoute une dimension décisive. Toit en place, la voiture conserve une ligne très proche de la Berlinetta, avec l’équilibre visuel du dessin Pininfarina. Toit retiré, l’expérience change nettement : le moteur devient plus présent, les bruits mécaniques remontent davantage dans l’habitacle, la conduite paraît plus vivante. Cette dualité explique pourquoi la GTS attire aujourd’hui des acheteurs qui hésitent entre la pureté du coupé et l’ouverture complète de la Spider.
La boîte manuelle renforce encore ce statut lorsqu’elle équipe l’exemplaire. La grille métallique, le verrouillage des rapports, le talon-pointe et la précision du maniement participent pleinement à l’expérience. Une F355 GTS manuelle bien entretenue offre une relation directe avec la voiture, devenue rare sur le marché des Ferrari modernes.
La F355 GTS séduit aussi parce qu’elle incarne un moment charnière. Elle corrige les critiques adressées à la 348, tout en précédant les Ferrari V8 plus modernes, plus rapides, mais aussi plus filtrées. Elle reste basse, sonore, relativement compacte, très expressive, avec une conduite qui demande encore de l’attention. Pour beaucoup d’amateurs, cette implication fait partie de son intérêt.
La Ferrari F355 GTS occupe aujourd’hui une position très lisible sur le marché des Ferrari des années 1990. Elle n’est pas la plus diffusée des F355, ni la plus radicale, mais elle réunit plusieurs critères recherchés : moteur V8 atmosphérique, carrosserie targa, dessin Pininfarina, format compact, boîte manuelle disponible et expérience de conduite encore très analogique. Cette combinaison explique pourquoi la GTS a progressivement gagné en attractivité face à des Ferrari longtemps plus médiatisées.
Sa rareté doit être comprise avec nuance. La F355 GTS n’est pas une série limitée, mais sa production reste inférieure à celle de la Berlinetta et de la Spider. Cette moindre diffusion soutient naturellement son intérêt, surtout lorsque l’exemplaire associe boîte manuelle, configuration désirable, historique limpide et entretien récent. Sur le marché actuel, la transmission joue un rôle déterminant : une GTS manuelle bien suivie bénéficie souvent d’une prime nette face à une version F1.
La cote dépend fortement de l’état mécanique. Une F355 peut paraître saine en présentation et nécessiter pourtant des travaux importants : distribution, collecteurs, trains roulants, embrayage, amortisseurs pilotés, électronique, plastiques intérieurs ou étanchéité du toit. Le marché valorise donc les voitures dont les opérations lourdes sont récentes, documentées et réalisées par un spécialiste reconnu.
L’attractivité de la F355 GTS tient aussi à sa position dans la chronologie Ferrari. Elle succède à la 348, qu’elle améliore très nettement, et précède la 360 Modena, plus moderne mais moins fine dans certaines sensations. Elle conserve une taille raisonnable, une direction très expressive et une mécanique capable de prendre des tours avec une intensité devenue rare. Pour de nombreux amateurs, elle représente l’une des dernières Ferrari V8 capables d’offrir une expérience directe sans entrer dans l’univers très coûteux des modèles plus anciens.
Chez Mecanicus, l’analyse d’une F355 GTS ne peut donc pas se limiter à une cote moyenne. L’enjeu est de comprendre l’exemplaire : son historique, ses travaux récents, sa transmission, son état mécanique, la qualité de son toit targa, sa configuration et sa cohérence générale. Sur ce modèle, une voiture chère mais parfaitement suivie peut être plus pertinente qu’un exemplaire attractif en prix, mais exposé à une remise à niveau lourde.

L’achat d’une Ferrari F355 GTS demande une vigilance supérieure à celle que l’on appliquerait à une sportive plus récente. Le modèle est solide lorsqu’il a été entretenu sérieusement, mais il comporte plusieurs postes sensibles, parfois coûteux, qui doivent être analysés avant toute décision. Une F355 séduisante en présentation peut masquer des travaux lourds si son historique est incomplet ou si certaines interventions ont été différées.
Le premier sujet concerne la distribution. Sur la F355, l’entretien moteur impose une approche rigoureuse, avec un suivi clair des courroies, des galets, des fluides et des opérations périphériques. La date des derniers travaux compte autant que le kilométrage. Une voiture peu utilisée, mais dont la distribution est ancienne, ne doit pas être considérée comme mécaniquement à jour.
Les collecteurs d’échappement constituent un autre point de contrôle important. Ils sont connus pour leur sensibilité au vieillissement et doivent être inspectés avec soin. Une fuite ou une réparation approximative peut entraîner des frais significatifs et altérer le fonctionnement du moteur. Il faut également vérifier l’état de la ligne, des catalyseurs et du ralenti, en particulier à chaud.
La boîte dépend de la configuration. Sur une F355 GTS manuelle, il faut contrôler la précision du guidage, l’état de l’embrayage, les synchros et la qualité du passage des rapports à froid comme à chaud. Sur une version F1, l’attention doit porter sur l’usure d’embrayage, les réglages, les actuateurs et la régularité des passages. La boîte F1 fait partie de l’histoire du modèle, mais elle exige un suivi adapté.
Le toit amovible mérite une inspection spécifique. Panneau, joints, fixations, rangements, bruits d’air et étanchéité doivent être vérifiés. Une F355 GTS mal ajustée peut perdre une partie de son agrément, et certains défauts peuvent être longs à corriger correctement.
L’essai routier reste indispensable. Le V8 doit monter dans les tours avec netteté, sans trou, sans fumée suspecte et sans température instable. La direction doit rester précise, le freinage stable, la suspension cohérente et la voiture saine en appui. Toute vibration, surchauffe, voyant intermittent ou passage de rapport difficile doit conduire à une expertise approfondie.
Une Ferrari F355 GTS se choisit avec davantage de rigueur qu’il n’y paraît. La teinte, la boîte de vitesses ou le kilométrage donnent une première indication, mais ils ne suffisent pas à juger la qualité d’un exemplaire. Sur ce modèle, l’essentiel se trouve souvent dans les travaux réalisés : distribution, collecteurs, embrayage, amortisseurs pilotés, trains roulants, ajustement du toit targa et cohérence de l’historique.
Mecanicus apporte ici le regard d’un professionnel habitué aux Ferrari de collection. Une F355 GTS peut être très séduisante en présentation et demander, malgré tout, une remise à niveau importante. À l’inverse, une voiture plus chère, mais parfaitement suivie, documentée et saine mécaniquement, peut représenter un choix bien plus solide.
L’enjeu est donc de comprendre l’exemplaire dans sa globalité. Dans le cas de la Ferrari F355 GTS, cette exigence permet d’aborder l’achat avec justesse, non comme un simple achat nostalgique, mais comme le choix d’une Ferrari V8 atmosphérique à carrosserie targa, exigeante, recherchée et déjà pleinement installée dans l’univers de la collection.
